Zéro déchet, le bilan des 6 mois (2/2)

Après les courses, la cuisine et les repas, voici la deuxième partie de mon bilan zéro déchet ! Ici je vais principalement parler de cosmétiques et d’entretien de la maison. Ces deux points constituent la deuxième et troisième étape de notre conversion au zéro déchet 🙂 L’article est fort long mais – je l’espère – complet !

Le bilan cosmétiques

Alors ça, c’était mon grand chantier de fin d’année 2016. C’est une étape importante pour moi parce que ça représente la possibilité d’aller plus loin dans le « zéro déchet » d’une part, et d’autre part celle de me tourner définitivement vers des produits naturels pour contenir au mieux mon eczéma chronique (dermatite atopique pour les initié.e.s).

J’ai testé plusieurs produits, certains « fait maison » et il me reste encore des flacons/tubes produits industriels à terminer, mais j’ai déjà une petite idée de comment ça va se passer.

La douche

Comme je suis allergique au sodium laureth sulfate, j’ai dû éliminer mon gel douche et mon shampooing. D’ailleurs, quasi tous les gels douche et shampooings du commerce contiennent du SLS. C’est souvent marqué en deuxième sur l’étiquette, ce qui signifie en outre que c’est l’ingrédient principal après l’eau. Autrement dit, l’ingrédient principal de votre gel douche, c’est un détergent… Non ! (Si !) En fait c’est un tensioactif, son rôle est de faire mousser et de mélanger les différents composants. Il est parfois remplacé par le sodium lauryl sulfate, l’ammonium lauryl sulfate… Qui sont tout aussi néfastes pour ma peau.

Pour en savoir plus : savoir déchiffrer les étiquettes des cosmétiques

Remplacer mon gel douche par une alternative zéro déchet a été facile, finalement, car il n’y a pas 36 solutions :

  • soit j’achète mes produits en pharmacie et ça coûte cher, même si des parapharmacies en ligne pratiquent des prix moins élevés. Avant j’achetais l’huile lavante Xeracalm de Avène, par exemple.
  • soit je passe aux pains de savons naturels, les plus naturels possible. Certains fabricants trouvent le moyen d’y rajouter des tensioactifs, donc vérifiez bien la composition !

J’ai finalement opté pour la deuxième option. Je les fabrique moi-même mais vous pouvez aussi en trouver en magasin. Notre épicerie en vrac vend par exemple des savons fabriqués localement (Les 100 ciels).

Mais quel genre de savons ?

Je fabrique des savons en « saponification à froid », et comme base je n’ai besoin que d’huile, de soude et d’eau. Pour l’instant j’ai fait 2 sortes :

  • des savons d’Alep : huile d’olive (80%), huile de baies de laurier (20%), soude, eau et colorant minéral vert (pour le fun) ;
  • des savons au karité : huile d’olive (50%), huile de coco (25%), beurre de karité (20%), huile de ricin (5%), soude, eau, colorant blanc et fragrance (pour le re-fun).
savon naturel zero dechet bilan

Savon d’Alep à gauche, savon au karité à droite, déjà bien utilisés

J’ai appris à faire des savons lors d’un atelier avec quelqu’un d’aguerri, et si ça vous intéresse je ne peux que vous conseiller de participer à un atelier du même genre. C’est bien mieux d’apprendre avec quelqu’un qui fait les bons gestes devant vous, car même si ce n’est pas vraiment compliqué, il faut manipuler de la soude et être assez précis au niveau des températures… D’autant plus qu’il y a beaucoup de choses à savoir avant de se lancer. De quoi vivre de grands moments de solitude quand on se lance toute seule chez soi. On peut trouver des recettes simples sur Aroma Zone pour commencer à la maison. Mais le mieux c’est quand même de les faire à plusieurs : on fait de plus grosses quantités et c’est rigolo de jouer au petit chimiste avec ses amies et/ou collègues 🙂

Ou se procurer les ingrédients ?

J’ai acheté l’huile d’olive dans mon épicerie, la soude  sur mon-droguiste.com, et tout le reste des ingrédients provient d’Aroma-zone. La recette du savon d’Alep aussi. Quant à l’idée du savon au karité, je l’ai trouvée ici.

Alors forcément avec Aroma-zone, 90% des ingrédients sont emballés sous plastique donc on ne peut pas vraiment parler de « zéro déchet ». Cependant les produits obtenus durent beaucoup plus longtemps, et donc j’en fabrique moins souvent. Ce qui fait qu’à long terme, je jette effectivement moins de choses.Sachez aussi qu’on peut tout à fait réaliser des savons 100% huile d’olive, ils sont très doux pour la peau.

Le shampooing

C’est en cours de réflexion… Je peux déjà vous dire que j’ai testé le shampooing solide de Naturellement Lyla. J’y ai mis du tensioactif SCI, de l’huile de brocolis, de la cire de jojoba et de l’huile de ricin, sans huile essentielle pour éviter la moindre allergie. Mais j’ai quand même fait une réaction au tensioactif SCI.

image shampooing solide naturel zero dechet bilan

C’est censé être en forme de coeur (non parce que ça saute pas aux yeux, finalement)

Mais sinon, après 3 ou 4 utilisations, j’en étais contente car j’avais l’impression qu’il était parti pour durer longtemps. Ça compense là aussi le nombre d’emballages jetés lors de sa fabrication. Je vais le donner à ma soeur qui n’est pas allergique aux tensioactifs, elle.

En guise de plan B, j’ai testé cette recette mais je n’ai pas du tout aimé. Il me reste la solution de refaire du shampooing solide avec un autre tensioactif. Ou tout simplement de racheter mon merveilleux shampooing Bioderma, et de renoncer au zéro déchet pour cette partie… Snif.

Les soins du corps et du visage

Je n’ai jamais été très réceptive au business cosmétique. Je me suis toujours peu maquillée et je ne me suis jamais intéressé aux soins, masques et autres crèmes de jour. J’y viens seulement depuis quelques temps, toujours à cause de ce satané eczéma. Une peau comme la mienne, en plus d’éviter les douches et bains très chauds, doit absolument être hydratée tous les jours. Jusqu’à récemment j’utilisais la crème Xeracalm d’Avène (la même gamme que l’huile lavante) en application sur TOUT le corps et le visage, et TOUS les jours.

Depuis que je suis passée au zéro déchet, j’ai testé 3 produits :

  • Les huiles d’Inca Inchi puis de Bourrache : en guise de démaquillant (hyper efficace !) et en soin de la peau. L’huile de bourrache laisse un film un peu gras, contrairement à l’huile d’inca inchi qui a un toucher sec très agréable. Elles sont conservées dans des bouteilles en verre, donc recyclables.
  • Le gel d’Aloe Vera, associé à une des deux huiles précédentes, en soin de la peau. Pas mal efficace en cicatrisation, quand j’ai une plaque d’eczéma qui rougit et démange. Mais il est dans une bouteille plastique…
  • Le beurre de karité que j’ai acheté dans un gros pot (plastique aussi…) : il m’a servi pour les savons et je m’en sers aussi sur la peau, les mains, quand il fait très froid et que l’huile de bourrache ne suffit pas. En baume à lèvres aussi, dans un pot réutilisable que j’avais acheté en parfumerie (dans un kit de mini-flacons pour prendre l’avion).

Et je suis plutôt satisfaite de mes tests !

image soins corps visage naturel zero dechet bilan cosmetique

Le dentifrice

On fabrique nous-même une poudre dans laquelle on trempe notre brosse à dents. La recette vient du livre « Famille presque zéro déchet » (toujours le même). Vous pouvez la retrouver ici. Soyez sans crainte, avec un peu d’huile essentielle de menthe poivrée, ce dentifrice a un vrai goût de dentifrice.

Par contre, j’ai lu qu’un dentifrice au bicarbonate de soude n’est pas recommandé car c’est trop abrasif pour les dents. Mais pour l’instant, on aime bien le nôtre… Voilà une question à développer en tout cas.

Le maquillage

Je n’ai pas encore sauté le pas pour le maquillage. Mais ça viendra un jour, c’est sûr.

 Le cas « Lush »

J’entends beaucoup parler de Lush, et Monsieur a même acheté leur déodorant solide, mais je m’en méfie. Déjà leur comm’ sur leurs « valeurs », et la mise en avant ostensible des ingrédients naturels sur leurs fiches produits, me paraît être un peu de la poudre aux yeux. Je respecte le fait qu’ils ne testent pas leurs produits sur les animaux, je trouve cela honorable. Je suis juste dubitative sur la composition de ces produits, qui est loin du 100% naturel, il suffit de la lire en détail pour s’en apercevoir. Alors que les solutions plus naturelles, ça existe ! Mais c’est vrai que ça passe beaucoup par la fabrication à la maison. On n’est pas tous fans… Sinon y’a aussi la marque Lamazuna, je ne connais pas très bien mais j’en entends de plus en plus parler.

En conclusion

Je manque un peu de recul pour faire un vrai bilan cosmétique, car chez moi la conversion est encore en cours. Je pense que certaines choses vont encore bouger. Il y a néanmoins un point sur lequel je dois développer, c’est la frustration que l’on peut ressentir par rapport aux parfums. Tous les produits industriels sont parfumés. En ce qui me concerne, à cause de mes tendances allergiques, je n’ajoute jamais de parfum dans mes produits maison. Et ça me manque… Un peu.

Le plaisir d’ouvrir un nouveau tube de crème passe surtout par le parfum. C’est la première chose qu’on fait quand on achète un savon, un baume, un lait… On sent le produit. Non ? Personnellement j’apprends à m’en passer, mais si vous vous lancez dans cette voie, n’oubliez pas de considérer la question, sinon vous risquez de faire demi-tour en chemin pour cause de frustration 🙂

 

Le bilan ménage

La plupart des produits ménagers sont simples à fabriquer soi-même, avec quelques ingrédients de base. Bon ça, c’est acquis, vous l’avez déjà sans doute lu quelque part, ou vous avez une grand-mère qui ne jure que par le bicarbonate (big up Mamie), donc on va dire que c’est bon, vous savez.

Moi je ne savais pas trop, et j’ai dû me déconditionner. Et c’était super dur.

Il faut se déconditionner des rayons « entretien » du supermarché, les oublier, faire comme s’ils n’avaient jamais existé. Il faut zapper les pubs Monsieur Propre à la télé, couper le son, lalalala, non, ça n’existe plus, voilà. Dé-lavons nous le cerveau de toutes ces conneries de pub qui font croire qu’on a un besoin vital d’acheter des produits pour chaque pièce de la maison, de tuer les bactéries prétendument malfaisantes dont l’appart grouille, de tout désinfecter et re-désinfecter à grands renforts de Monsieur Propre (et intoxiquer à petit feu nos enfants et nos animaux de compagnie, et nous par la même occasion), car oui, la pub arrive à nous faire croire qu’on vit dans des environnements complètement infectés… Et c’est ridicule.

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Vous et moi sommes des personnes avec un sens critique, on ne gobe pas tout ce qu’on nous dit, n’est-ce pas ? Alors pourquoi la pub est-elle arrivée à me berner comme ça ? Et avant moi, mes parents, mes grands-parents ?

Comment se fait-il que j’ai si longtemps cru que ma seule option pour nettoyer mon four, c’était le Décap Four ? Que pour nettoyer ma douche, il fallait du Cif douche, et pour les WC, du Cif WC ? Comment ça se fait que les pubs Fébrèze ont réussi à me faire craindre que ça ne sente pas bon chez moi, et donc m’ont convaincu d’acheter des parfums industriels plein de trucs cancérigènes ? (Alors que ça sent bon chez moi… Ça sent le « chez-moi » 🙂 )

BREF.

A un moment, il faut se poser la question : de quoi ai-je besoin, réellement, pour entretenir mon intérieur ?

Les produits

C’est simple :

  • une lessive,
  • un produit nettoyant-dégraissant (sols et plans de travail quand ils sont vraiment très sales, sinon de l’eau chaude et un coup d’éponge suffisent),
  • un produit détartrant (sanitaires),
  • une poudre pour le lave-vaisselle,
  • un liquide pour laver la vaisselle qu’on ne peut pas mettre au lave-vaisselle, même si le plus souvent, un trempage dans l’eau chaude et un coup d’éponge suffit : pas besoin de produit.

Voilà, c’est tout. Je n’ai pas besoin de parfum, de produit à vitres, de décap’machin ou de nettoie’truc, et pas besoin de désinfecter à tout-va mon intérieur : il n’est pas infecté.

A ce point précis, nous avons déjà fabriqué la lessive, la poudre pour le lave-vaisselle, et le liquide vaisselle. Nous avons trouvé les recettes dans le livre « Famille presque zéro déchet ».

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Testés et approuvés par Baymax en personne

 

Ici, la recette de la lessive

Là, la recette de la poudre lave-vaisselle

Et puis là, la recette du liquide vaisselle (sans tensioactif chez moi, bien évidemment)

 

Le matériel

Investissez dans des lingettes micro-fibres. On les trouve par lot, elles passent en machine, elles nettoient bien et essuient parfaitement. C’est la maniaque qui traque les gouttes autour de l’évier qui vous le dit. Adieu Sopalin, adieu lingettes jetables. Libertéééééé !

J’ai aussi tricoté un tawashi en acrylique qui nous sert désormais d’éponge réutilisable pour la cuisine. Je la passe de temps en temps en machine et c’est reparti pour un tour. Et même, elle nettoie bien mieux que le côté grattant des éponges ! Mais si, je vous jure !

image tawashi tricot acrylique eponge naturel zero dechet bilan menage ecolo

Le tawashi dans son milieu naturel

Vous pouvez trouver le tuto ici.

 

Bonus : nos petits vers de terre

Jusqu’au mois de novembre 2016, notre poubelle, bien que réduite, était encore régulièrement remplie par des épluchures de légumes. Solution : le lombricompost.

Dans un premier temps nous avons proposé au syndic de notre résidence d’installer des composteurs collectifs (je précise que nous sommes locataires). Le syndic nous a répondu que le sujet serait proposé en assemblée au mois de… mai 2017 🙁 On ne voulait pas attendre, alors on s’est renseignés pour un lombricompost.

C’est notre communauté d’agglomération qui nous a fourni la boîte et les vers, ainsi qu’une petite formation. On a juste eu à payer 20 euros.

Et depuis, on a accueilli une famille de vers de terre dans notre cuisine.

image lombricompost zero dechet bilan

image lombricompost zero dechet bilan

Alors oui, je sais, ça fait pas rêver, des vers de terre en appartement. Je suis comme vous, l’idée me dégoûtait un peu. Mais en fait, ça va. Ils sont dans leur boîte, ils ne sortent jamais car ils sont très contents de ce qu’on leur donne à manger, et de toute façon ils n’aiment pas la lumière.

Bon, il y a bien eu 2 ou 3 fugueurs, mais leur problème, c’est qu’ils ne peuvent pas survivre en dehors de leur boîte. Ils arrivent à parcourir 2 mètres, et ils sèchent lamentablement sur le sol. Ça m’est donc arrivé, au tout début, de retrouver un machin tout sec au milieu de la cuisine. Ça ressemble un peu à un vieil élastique en caoutchouc qui aurait séché et durci au fond d’un tiroir, vous visualisez ? Un coup d’aspirateur et hop, on n’en parle plus.

Et de toute façon, quand il passent leur temps à bouffer, ils ne pensent pas à s’évader.

 

Bilan final :

Nous avons beaucoup progressé dans le zéro déchet, nous avons accompli une foule de choses. Honnêtement, je ne pensais pas que ce serait une telle révolution. Mais je ne regrette rien, absolument rien ! Je mange mieux, j’ai minci, je me sens mieux dans ma tête et dans mon corps. J’ai un autre rapport à la consommation, j’ai gagné en convivialité. Je suis en accord avec mes valeurs. Au-delà de l’aspect matériel, du changement  d’organisation dans la vie quotidienne, c’est mon regard sur la société qui a changé. Je ne suis plus la même personne qu’avant, je ne vois plus les choses sous le même angle. Quand on passe au zéro déchet, soudain on voit des déchets partout ! Et on réfléchit en permanence à comment les éviter.

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