La coupe à plat, solution anti-frustration ?

Si j’en suis venue à la coupe à plat, c’est parce que j’ai fait le constat suivant : je fais de la couture, je fais du tricot, et si on me demande quelles sont mes occupations en dehors de mon travail, c’est ça que je répondrai, spontanément. Et pourtant c’est faux, de plus en plus faux.

Je tricote, ça oui, tous les jours, dès que j’ai un moment, dans le bus, au boulot, chez les potes, dans les salles d’attente. Mais je ne couds presque plus. Je fais de temps en temps de la couture utilitaire : des ourlets de rideaux ou de pantalons, un habillage de berceau pour ma maman, des petits pochons, une casquette pour l’offrir et une autre pour un déguisement, bref, des trucs qui servent.

Mais je crois bien que la dernière fois que je me suis cousu un vêtement par pur plaisir, c’était l’été dernier. C’était une jupe Chardon de Deer and Doe, cousue dans un chambray de Mondial Tissus, bleu ciel avec des ancres… Une jupe que j’aime beaucoup, qu’il me tarde de porter à nouveau. Il me semble que j’avais pris plaisir à la coudre, mais plus de 6 mois se sont écoulés depuis. Ca m’attriste… J’ai pourtant envie de m’y mettre. J’ai toujours le projet de réaliser ma garde-robe capsule. Alors, quelles sont les raisons de cet éloignement ? Et bien j’ai quelques explications.

Le problème, c’est que :

1- je manque de temps

image couture manque temps lapin alice merveilles coupe a plat

Ou du moins j’ai l’impression de manquer de temps.

Dans mon organisation de la semaine, je me suis octroyé le lundi après-midi pour coudre ou m’occuper du blog. Je veux garder du temps pour faire autre chose que de la couture ou du tricot dans ma vie. A savoir passer du temps avec mon amoureux, ou mes amis (ou les 2), ou faire du piano… Et mes soirées sont plutôt courtes car je rentre souvent à 19h30.

Par conséquent, un après-midi par semaine me paraît être un bon compromis : ça reste un rendez-vous régulier, tout en ne prenant pas trop de place dans mon quotidien. Mais ça limite quand même beaucoup les réalisations. Je suis de la team qui aime prendre son temps, ne rien laisser au hasard, décalquer soigneusement, faire des toiles (pas qu’une seule, bien souvent)… (Et la coupe à plat, ça prend du temps aussi, hemhem) Donc chez moi, un projet couture ne se réalise pas en un seul après-midi. Parfois, c’est frustrant de laisser un projet en attente pendant une semaine.

 

2- je me sens découragée d’avance

image couture decouragement sad owl coupe a plat

A chaque projet, je sais que je vais devoir faire des toiles. C’est important pour moi de les faire, parce que je ne mettrai pas un vêtement qui a un défaut de seyant. Je l’ai déjà écrit ici mais mon confort vestimentaire est hyper important. Je ne supporte pas des emmanchures qui tirent ou un corsage qui blouse un peu trop, par exemple.

Or, comme beaucoup de personnes, je n’ai pas la morphologie pratique qui rentre pile poil dans les standards des marques de patrons (ou de prêt-à-porter, d’ailleurs). Du coup, les mesures des tableaux de tailles ne me servent pas à grand-chose. J’ai toujours la taille trop haute, le dos trop cambré, la carrure trop large pour me limiter à simplement relier les 3 repères hanches/taille/poitrine et que hop, l’affaire soit dans le sac ! Ah, le rêve… Mais non, ça ne se passe pas comme ça.

 

3- je me sens incompétente en couture

image couture coupe a plat incompetence cat no idea doing

Pour modifier un patron, il faut quand même 2-3 notions de base en modélisme. Il faut savoir que si on bouge telle ou telle ligne, l’aspect, le tombé ou l’aisance en seront modifiés. Tous les petits problèmes ont leur solution, mais parfois elle se cache là où on ne serait pas allé(e) chercher. Genre, votre encolure qui fait un truc bizarre, c’est parce qu’il faut modifier les pinces dos (j’exagère un peu, mais vous avez saisi l’idée).

Du coup, même si j’ai fait un peu de coupe à plat avec la méthode Line Jaque, je n’ai pas toutes les compétences nécessaires pour faire sereinement des modifications. J’ai toujours l’impression de m’attaquer à une montagne. Insurmontable.

 

4- la frustration laisse des traces indélébiles

image couture coupe a plat frustration

Sur ma robe Hawthorn, paix à son âme, j’ai dû changer 2 fois de taille pour le haut du corsage, puis remonter la ligne de taille de 1 cm, redessiner les pinces, réduire la taille et donc redessiner le haut de la jupe, raccourcir cette même jupe de 8 cm, réduire son ampleur de 40 cm… Pour finalement m’apercevoir que j’avais modifié tellement de choses que je risquais d’avoir un patron bancal.  Direction la poubelle (2 toiles cousues quand même, hein).

Après un tel épisode (ce n’est évidemment pas le seul dans mon historique), comment revenir sereinement derrière la machine à coudre ? Bon, j’y reviens quand même parce je suis une acharnée. Mais je suis de moins en moins patiente. Et de plus en plus exigeante avec les vêtements que je couds, parce que, quand même, je progresse un petit peu. Je ne tolère aucun défaut, aucun à peu près.

Ouais je sais, faut lâcher du lest, mais je suis comme ça, j’ai toujours été comme ça. (Attention c’est le moment psy). Je lâche du lest partout ailleurs, ça me demande beaucoup d’efforts, sachez-le. C’est contraire à mes habitudes et à ma personnalité. J’essaie d’être moins exigeante au travail, à la maison,  en amour, en amitié, mais laissez-moi quand même la couture. Laissez-moi être fière de moi quand mon vêtement se calque, absolument, parfaitement, sur la vision mentale que j’en avais.

 

Solution ?

Après mes derniers déboires, j’ai décidé d’écouter mon intuition. Le problème avec mon intuition, c’est que je sais qu’il faut que je l’écoute (car elle a toujours raison), mais je ne le fais jamais. J’ai du mal à discerner « la petite voix de l’intuition » de la petite voix de la trouille ou de la culpabilité, qui tiennent toujours des discours contraires 🙂

Ma petite voix me disait donc de laisser tomber Hawthorn pour me remettre à fond à la coupe à plat. Elle me disait de dessiner entièrement mon corsage de base, et d’en faire ensuite plusieurs versions selon mes envies. Mais mon cerveau, lui, a préféré s’acharner à modifier un patron existant alors que ça m’aurait pris le même temps de dessiner mon corsage sur mesure (je l’ai déjà fait 3 fois, mais j’ai pris du gras).

 

La coupe à plat

Je possède la méthode de Line Jaque depuis quelques années, et je l’aime bien. Je suis totalement autodidacte sur le sujet, donc je ne suis pas sûre que je saurai l’utiliser à 100% de son potentiel, mais ce que j’ai fait jusqu’à présent me paraît prometteur. Il y a longtemps, j’avais aussi testé la méthode de Teresa Gilewska, mais je préfère celle de Line Jaque où tout est clairement expliqué.

Ma version la plus récente du corsage de base datait de 2014 : ces derniers jours j’ai donc repris intégralement mes mesures afin d’en dessiner une nouvelle version. En 3 ans j’ai pris 1 cm à la poitrine et à la taille, et 3 aux hanches, ce qui nécessitait clairement de tout reprendre.

Après le dessin, j’ai découpé et cousu la toile, mais je ne l’ai pas encore essayée. J’espère donc pouvoir vous en donner des nouvelles dans un prochain article !

 

Et vous, vous avez déjà testé la coupe à plat ? Je suis curieuse d’avoir des retours sur ce sujet !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *